La lettre d'Asspro Scientifique - mai 2015

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Se former à la gestion du risque médical : un entraînement

Difficile d'échapper à l'erreur médicale, à l'aléa thérapeutique au cours d'une carrière médicale ! Il est donc essentiel que ces événements soient anticipés autant que possible, et que les professionnels soient entraînés à les accepter et les gérer en cas de survenue, pour le patient et ses proches, comme pour son équipe ou lui-même.

 


La gestion personnelle du risque médical par le professionnel

Le Pr Eric Galam, enseignant à Paris-Diderot et auteur de l'ouvrage L'erreur médicale, le burn out et le soignant (Springer), explique l'intérêt de se former à la gestion du risque médical, en particulier pour les praticiens du plateau technique lourd. « La médecine n'est pas une science exacte, elle reste sujette à beaucoup d'éléments organisationnels, structurels et contextuels ». Pour lui, il existe plusieurs étapes dans la gestion du risque pour le praticien concerné. Tout d'abord, le praticien doit « assumer le fait que ça peut mal se passer ».


Ensuite, « si cela arrive, il doit pouvoir gérer la situation ». Il va devoir prendre en charge ou organiser la prise en charge du patient sur le plan médical, l'informer lui ou ses proches de la situation, des démarches à suivre.
Mais le praticien doit aussi « pouvoir continuer à travailler. » Le Pr Galam insiste d'ailleurs sur la notion de « seconde victime : pour le médecin qui se remet en cause dans sa compétence médicale, ce peut être très douloureux ». Il faut pouvoir se remettre en question, apprendre, sans perdre sa confiance en soi !
Enfin, dernière étape : libérer la parole. « Il faut apprendre à dédramatiser l'erreur médicale, et essayer d'en tirer un enseignement ». Parler de ce qui s'est passé, analyser la situation permet de se la réapproprier de manière constructive plutôt que de la conserver dans un mutisme traumatique.

 


Des formations multiples

Différentes formations sont proposées pour mieux comprendre et gérer le risque d'erreur médicale. Par exemple, les formations universitaires tel le DIU de Paris-Diderot et Paris 13 « Droit médical et gestion des risques médicaux ». Comme l'expliquait le Pr Galam, au-delà de la formation sur les aspects réglementaires, juridiques, administratifs, la gestion personnelle de l'erreur est un élément clé de cette formation. Autre exemple avec le Conservatoire National des Arts et Métiers et son Certificat de spécialisation Gestion des risques médicaux.


De leur côté, les organismes agréés (OA) par l'HAS, qui s'organisent par spécialité pour former au risque médical, proposent des journées prise en compte dans le DPC.
Par exemple, Gynerisq développe « deux types de formations : présentielles et e-learning », explique Véronique Lejeune, formatrice. Les premières, basées sur des cas concrets, comptent dans la validation du DPC, et se font sur une ou deux journées ; quant au e-learning, les adhérents y accèdent directement sur internet. « La formation au risque médical est déclinée par spécialité », précise Véronique Lejeune en citant aussi Orthorisq, Plastirisq ou encore Urorisq.


Le succès des formations ASSPRO

Asspro organise des journées de formation sur la prévention du risque médical pour toutes les disciplines du plateau technique lourd, une vingtaine de journées par an, dont certaines en partenariat avec les OA s'intègrent donc au DPC. Elles concernent 1000 praticiens par an et permettent d'aborder le risque d'erreur médicale sous ses multiples aspects, le programme étant disponible en ligne.
Le Dr Patrick-Georges Yavordios, en charge des journées de formation chez Asspro, est l'organisateur et animateur depuis plus de 10 ans des journées ARRES-Asspro. Ces formations en anesthésie-réanimation connaissent un franc succès.

« Nous formons environ 900 anesthésistes-réanimateurs sur 2 ans dans 10 villes de CHU différentes. » Il poursuit : « Nous nous basons sur des cas concrets. C'est interactif. Nous proposons même un jeu de rôle avec la reconstitution d'une expertise médico-judiciaire. » Il résume : « le but est la gestion du risque au sens large, en s'appuyant sur les recommandations de la société savante ».

 

Au bloc opératoire, le risque de l'erreur médicale pèse sur les épaules des praticiens plus encore que cela n'est constaté dans les autres disciplines. Aujourd'hui, diverses formations viennent compléter les connaissances initiales des professionnels. Encore faut-il être convaincu de leur intérêt et prendre le temps d'y participer !

 

 



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