La lettre d'Asspro Scientifique - juillet 2015

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Risque médical : prendre en compte le facteur organisationnel

On associe souvent « risque médical » avec des termes comme « check-list », « formation », « prévention »,

« technique »... Mais beaucoup d'événements indésirables associés aux soins (EIAS) surviennent non par manque de compétences de l'équipe qui est intervenue, mais par un défaut d'organisation. Un sujet sur lequel il est, heureusement, possible d'agir.


Un problème de taille

La cartographie 2013 des risques opératoires établie par ASSPRO et le cabinet Branchet est édifiante : sur 845 dossiers sinistres assimilés à des EIAS concernant 2 000 anesthésistes-réanimateurs et portant sur la période 2009-2013, 44% mettaient en cause des problèmes d'organisation et 38% des problèmes au sein de l'équipe mono-disciplinaire d'anesthésie-réanimation.


Certes, l'état de santé du patient et ses comorbidités (présents dans 67% des EIAS), ou encore l'individu qui a réalisé le geste médical (54%), restent prépondérants. Mais au final, les risques cumulés des facteurs organisationnels dans l'apparition de ces événements sont tout de même estimés par la « cartographie 2013 » à 52%.

 

La communication en cause

D'après le Dr Patrick-Georges Yavordios, anesthésiste-réanimateur et secrétaire général d'ASSPRO chargé des formations, la cause première de cette situation est à rechercher du côté de la communication : « Les gens ne se parlent pas, cela génère des problèmes d'équipes, de transmission entre les diverses spécialités », explique-t-il.


Par exemple, un patient est opéré le vendredi. Quand l'équipe du week-end assure le relais, des informations nécessaires au suivi du malade peuvent être perdues entre ceux qui partent et ceux qui arrivent. « Le mauvais transfert d'informations et le défaut de traçabilité peuvent conduire à des catastrophes », avertit le Dr Yavordios. Il peut également y avoir une différence de niveau de compétence entre les deux équipes qui induira des inégalités préjudiciables dans la qualité de la prise en charge.


Des solutions existent

Pour parvenir à réduire le risque organisationnel, une réflexion est actuellement menée par les sociétés de chirurgie et d'anesthésie sous l'égide de la Haute Autorité de Santé (HAS). Ces diverses institutions sont en train d'élaborer une Solution pour la Sécurité des Patients (SSP).

 

« Il ne s'agira pas d'une check-list telles qu'on les utilise avant les interventions, mais d'un inventaire des points précis qui nécessitent une réponse de la part de chaque spécialité dans son établissement », explique le Dr Yavordios.


Ce travail sera présenté lors d'une journée consacrée au risque péri-opératoire organisée par ASSPRO et l'association Anesthésie Réanimation Risques et Solution (ARRES) le 24 octobre à Paris. Des duos chirurgiens/anesthésistes commenteront des EIAS dans lesquels les deux spécialités ont été impliquées. « Cela contribuera à apporter une réponse sur le "qui fait quoi" en péri-opératoire » assure le Dr Yavordios.


 

Plus d'infos sur la journée du 24 octobre en cliquant ici.

 



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