Psychiatrie : savoir remettre en cause l'organisation

Les services de psychiatrie peuvent-être considérés comme un milieu fermé comme, dans une moindre mesure, la majorité des hôpitaux.
Cela implique des organisations spécifiques car la violence est inhérente à certaines pathologies, comme les psychoses, qui peuvent générer des actes brutaux. En l'absence d'un encadrement adapté, l'équipe soignante peut voir apparaître des troubles psycho-sociaux en son sein.
Heidi Giovacchini, directrice d'un tel établissement, a fait réaliser une enquête suite à une situation de crise. Un psychologue du travail, missionné, a établi un état des lieux pour aider à la mise en place d'un plan d'action destiné à éviter l'émergence de réactions violentes. Il s'agissait d'évaluer les risques psycho-sociaux en mesurant le niveau d'anxiété, de burn-out et de stress des personnels soignants.
Les résultats de l'enquête indiquent que plutôt que chercher, parmi le personnel soignant, un bouc émissaire qui aurait été le catalyseur du déclenchement de la crise, il faut être prêt à mettre en cause l'environnement professionnel et les conditions de travail. L'identification de chaque problème doit être l'occasion de revisiter l'organisation, en repérant la faille qui en est responsable. Il faut vérifier que toutes les consignes, écrites et facilement consultables, soient bien claires pour l'ensemble du personnel soignant. La définition des tâches dévolues à chacun doit être bien établie et il est primordial de porter une attention quotidienne aux signaux d'alerte comme le mal-être, des signes de dépersonnalisation, qui peuvent se traduire pour le médecin par un cynisme inhabituel ou un manque d'implication. Pour augmenter la sécurité au travail, le cadre de l'activité doit être précis et compris de tout le monde.
Pour Heidi Giovacchini, cette enquête lui a permis de comprendre que, loin d'être un super-héros, capable de tout faire, tout supporter, tout entendre, le médecin reste un être humain qui peut être déchiré entre les contraintes et l'idéal du métier.
Un directeur d'établissement doit parfois faire preuve d'une ingérence bienveillante devant un médecin qui présente des signaux d'alerte. Aucune personne n'est toxique, pathologique ou mauvaise. C'est l'organisation, qui par ses failles, permet à cet individu de réagir de façon inadaptée, et c'est elle qu'il faut interroger et rectifier pour qu'un équilibre puisse s'établir ou se rétablir.

 

Dr Etienne Olivry d'après un entretien avec Heidi Giovacchini, directeur de l'hôpital psychiatrique sectorisé du Nord Isère (CPND) et déléguée générale de la Fondation Boissel

 


Biographie

Après avoir occupé des fonctions commerciales dans l'industrie pharmaceutique, Heidi Giovacchini s'est dirigée en 2000 vers la gestion hospitalière. Elle est aujourd'hui directeur de l'hôpital psychiatrique sectorisé du Nord Isère (CPND) depuis 2010 et déléguée générale de la Fondation Boissel (santé mentale) depuis mai 2013. Cette fondation dont le territoire d'action est « Lyon-Centre » a pour vocation de gérer des établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux ayant pour objet la santé mentale et le handicap psychique. Elle possède une maitrise en management et marketing, un DESS d'économie de la santé & gestion hospitalière ainsi qu'un DU de pathologie psychiatrique.



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