La lettre d'Asspro Scientifique - février 2015

 

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L'HYGIENE ET LES INFECTIONS NOSOCOMIALES AU BLOC OPERATOIRE SUISSE, APERÇU D'UNE EXPERIENCE ETRANGERE

Sur 350 médecins et soignants suisses de service de chirurgie, « 23% relèvent que les règles d'hygiène ne sont pas respectées par tous les collaborateurs au sein de l'hôpital. » C'est le résultat d'une enquête menée récemment par la compagnie d'assurances Comparis (1) sur l'hygiène hospitalière en Suisse. Le rapport se veut légèrement alarmiste : même le personnel hospitalier s'inquièterait pour le respect des règles d'hygiène au sein de son propre établissement. Pourtant, la Suisse se préoccupe activement des infections post-opératoires. Le 2 décembre dernier, Swissnoso affirmait notamment que "les taux d'infection suisses de la plupart des interventions paraissent souvent plus élevés que ceux [...] d'autres pays européens" mais cette différence serait due à un meilleur dépistage de ces infections en Suisse où le suivi post-opératoire du patient même après la sortie de l'hôpital est « pratiqué de manière intensive et systématique » (jusque J30, parfois jusqu'à 1 an).

 

Une clinique particulièrement alerte

La clinique Genolier par exemple propose un dispositif actif de lutte contre les maladies nosocomiales. Son responsable de l'hygiène hospitalière, le Dr Nicola Leggieri, est accompagné par une infirmière hygiéniste diplômée, pour un travail clinique au quotidien mais aussi une offre de formation. "Nous pouvons compter sur plusieurs instances consultatives et décisionnelles qui travaillent sur les infections post-opératoires. La formation se fait à tous les niveaux depuis les médecins opérateurs jusqu'au personnel du bloc opératoire avec un répondant en hygiène dans tous les services. Plusieurs inspections et audit ont été faits au bloc avec recommandations pratiques, campagnes de sensibilisation." ajoute-il.


De plus, en cas d'infection de site opératoire, "chaque chirurgien a la possibilité de faire revoir la prise en charge du patient par le médecin infectiologue afin de proposer des solutions pratiques."
Il précise : "les résultats bactériologiques sont revus tous les jours et notre laboratoire nous fournit des statistiques mensuelles", ce qui constitue un bon moyen de surveiller une éventuelle hausse des infections. Selon lui, les mesures mises en place sont très efficaces : "les taux d'infections à la clinique sont bas et quand je reprends ces dossiers d'infections post-opératoires, je ne trouve que peu d'améliorations évidentes à la prise en charge dont le patient a bénéficié."

 

Une lutte contre les infections nosocomiales à plusieurs visages

Swissnoso, une association de spécialistes en maladies infectieuses et en épidémiologie hospitalière, a pour objectif la prévention des infections liées aux soins. Son vice-président francophone, le Pr Nicolas Troillet précise : "Swissnoso émet des articles de revue et des recommandations et effectue également une surveillance épidémiologique des infections du site opératoire dans les hôpitaux suisses." À propos du rapport de Comparis, il ne le juge pas pertinent : "il s'agit d'un sondage d'opinion effectué sur un relativement petit nombre de personnes et, sans vouloir nier d'éventuels problèmes, il n'a pas la valeur qu'aurait une réelle étude."

 

En Suisse, une nouvelle loi est prévue pour 2016, qui "inclut des articles et des ordonnances d'application qui traitent des infections liées aux soins. De plus l'Office fédéral de la santé publique est en train d'élaborer un concept national dans ce domaine. Ce qui, selon le Pr Nicolas Troillet, devrait "permettre une plus grande sensibilisation et la mise en œuvre de mesures mieux coordonnées au niveau des divers cantons suisses."

 

 

(1): https://fr.comparis.ch/~/media/files/mediencorner/medienmitteilungen/2014/krankenkasse/hygiene%20salles%20operation.pdf

 

 



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